Le danger du tourisme de masse

Le danger du tourisme de masse

Le tourisme est une manne financière pour de nombreux pays dans le monde. C’est un moyen de permettre le développement économique de nombreux pays. C’est également une opportunité pour tout un chacun de découvrir des paysages magnifiques, se confronter à de nouvelles cultures et de différents modes de vie.

Mais nous avons aujourd’hui connaissance des travers qu’engendre le tourisme, et plus particulièrement, le tourisme de masse.

 

Le tourisme de masse : une industrie très polluante

Le magazine Géo, nous expliquait que pour une distance d’1 kilomètre, un avion produit l’équivalent de 360g de CO2, contre 150g pour une voiture et 11g pour un train. Il est important de prendre conscience de la conséquence de chaque trajet en avion sur notre environnement afin de pouvoir les limiter au maximum.

Mais on oublie bien trop souvent les paquebots de croisière. D’après la Fédération française Nature et Environnement (FNE), durant leurs escales dans les ports, un paquebot pollue autant qu’un million de voitures. Comment ? Lorsqu’ils sont amarrés, les moteurs du bateau restent en activité, afin de pouvoir alimenter le bateau en énergie (les cuisines, les restaurants, l’air conditionné…). Additionnons ça au fait que le fioul des navires a une teneur en soufre 350 fois supérieure au diesel des voitures, et nous obtenons un moyen de transport ultra polluant !

 

Des animaux sauvages en danger

Une étude de l’ONG World Animal Protection a mis en lumière le fait qu’entre 2014 et 2017, le nombre de selfies pris avec des animaux sauvages et postés sur Instagram, avait augmenté de 292%. Et parmi tous les clichés recensés, on constatait sur 40% d’entre eux des « comportements non appropriés avec les animaux ». La majorité des animaux sur ces clichés provenaient d’animaux capturés et torturés afin d’assurer la mise en scène pour les touristes.

 

Des villes devenues invivables

Avec la facilité d’accès de tous les plus beaux sites du monde, de nombreux endroits se retrouvent noyés sous des vagues de touristes. Certaines villes deviennent impossibles à vivre pour les locaux. Cette vidéo de France 24 illustre ces propos avec l’exemple de la ville de Dubrovnik, en Croatie. Mais nombreuses sont les villes victimes de leur succès et qui cherchent des solutions pour préserver leur cité. Le Maire de Venise a par exemple demandé aux agents publics de nettoyer le parvis des sites touristiques entre 12h et 13h, afin de dissuader les touristes de manger devant. Cela évite la dispersion de nombreux déchets sur les lieux.

 

Des quartiers sans habitants

Dans les villes touristiques, les habitants sont obligés de déserter leur propre quartier. Pourquoi ? Des zones entières des cœurs historiques des villes sont rachetés pour que les logements servent à l’accueil des touristes. Une flambée des prix de l’immobilier de ces quartiers pousse les populations à déménager dans des quartiers plus populaires et plus accessibles financièrement. Ceci est appelé phénomène de gentrification. De plus, les établissements hôteliers se retrouvent face à une concurrence déséquilibrée et ont de grandes difficultés à maintenir leur commerce à flot. Pour finir, ces quartiers ne sont plus du tout adaptés à la vie locale : les épiceries et autres commerces locaux disparaissent au profit des boutiques souvenirs.

 

Des sites naturels et historiques menacés par le tourisme de masse

Ces dernières années, certaines zones du monde se sont totalement métamorphosées afin de répondre à l’afflux de touristes. Par exemple, l’île de Bali est méconnaissable pour des personnes y étant venu 20 ans auparavant. Accueillant en moyenne 16 000 visiteurs par jour, l’île s’est adaptée afin de d’être en capacité d’accueillir tous ces touristes. Le résultat est là : embouteillages, pollution, sites sur-saturés. Et d’autres lieux prennent le même chemin, comme le paradis des Raja Ampat ou encore la mise en place d’un aéroport international à quelques kilomètres du Machu Picchu.

Mais la prise de conscience commence, et des mesures sont prises afin de permettre aux lieux de se régénérer. Par exemple, la très connue île de Maya Bay en Thaïlande, l’instauration de quotas à El Nido aux Philippines.

Le Machu Picchu menacé par le tourisme de masse

La Folklorisation des cultures

Il est important pour chaque pays de préserver ses traditions. Mais un phénomène de mise en scène de celles-ci afin de satisfaire le regard curieux des touristes est apparu. La culture est caricaturée et les symboles ne servent plus qu’à divertir les touristes. L’échange culturel et la connaissance de l’autre disparaît au profit du simple divertissement. Le tourisme perd alors de son authenticité et de son sens, tant pour les touristes que pour les locaux.

 

La montée du tourisme sexuel

Sujet tabou mais à ne pas ignorer, le tourisme sexuel ne s’est jamais aussi bien porté que ces dernières années. Décors exotiques et libéralisations sexuelles sur fond de marchandisation globale sont les maîtres mots de l’état du tourisme sexuel dans le monde. Il n’est plus rare de voir sans complexe des sex-tours se développer dans certains pays. Sur un milliard de touristes internationaux en 2012, 10 % environ choisiraient (le chiffre reste difficile à prouver) leur destination vacancière en fonction de l’offre sexuelle locale.

Pour lutter contre ces dérives, il faut lever ce tabou de nos sociétés pour mieux s’opposer à la croissance d’une industrie marchande du sexe qui n’a pas sa place dans une société ouverte fondée sur le respect.

 

Le mot de la fin

En 2000, nous étions 700 millions à voyager. En 2017, nous étions 1,4 milliards. Ce chiffre à presque doublé en moins de 20 ans, et la tendance ne va pas vers le moins. Pour nous, le voyage est synonyme d’ouverture d’esprit, de découverte et d’échange et nous comprenons parfaitement que se priver de voyage n’est pas forcément la meilleure solution. Mais si nous continuons, il faut s’y prendre autrement. Repenser notre manière de voyager, lui donner du sens afin de préserver les sites fabuleux qui témoignent de notre héritage et permettre à nos enfants d’en profiter aussi.

 

– Maurane

 

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1 Comment
  • Pingback:Les nouvelles formes de tourisme - Equilibre
    Posted at 06:35h, 05 avril Répondre

    […] aux enjeux environnementaux que soulève le tourisme et plus particulièrement le tourisme de masse, on peut se demander si arrêter de voyager est la seule solution. Chez EQUILIBRE, nous […]

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